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Histoire de la commune 1
Mercredi, 02 Décembre 2009 16:21
De La Chapelle de Montrelais à La Chapelle St Sauveur.
d'après le texte de Jean-Louis GIOVERI, avec son aimable autorisation.
1ère partie
Nous entendons parler pour la première fois de La Chapelle Saint Sauveur par une ancienne histoire de Bretagne qui rapporte qu'en 1196, André, seigneur de Varades, légua 10 sols de rente à une chapelle dépendant d'une abbaye de Montrelais. En effet, La Chapelle et les quelques maisons qui l'entouraient, dépendaient de la paroisse de Montrelais, d'où le nom "La Chapelle de Montrelais". Cette chapelle fut érigée plus tard en prieuré de la dépendance de l'abbaye de Dol, ordre de Saint Benoît, dans l'archevêché de Bordeaux. En 1626, l'église était désservie par deux moines de cette maison. Les moines furent remplacés par des vicaires résidants, notamment le vicaire Fleuriot de la Sorrerie en 1743, mais aussi J. Martin, vicaire de Montrelais, puis Goupil, Cormerais, administrant alternativement les sacrements avant que le vicaire Bourdeaut prenne le titre de desservant le 1er janvier 1765.
Mais remontons beaucoup plus loin dans le temps. A l'ère primaire, une petite mer intérieure baigne notre région. Avec les siècles, une cassure se réalise sur le rivage supérieur entre Pouillé, La Rouxière, La Chapelle, donnant  naissance à une profonde crevasse. C'est dans ce fossé, primitivement aquatique mais progressivement comblé de terre, de sable, d'argile et de débris végétaux, que se constitue le charbon local.
Au XVII° siècle, les seigneurs entendent contrôler l'activité minière sur les terres collectives. Un litige apparut en 1632 entre la comtesse de Maure, seigneur de Montrelais, et 18 personnes accusées d'avoir "tiré ou fait tirer" du charbon. Elles demeurent dans les villages alentour de la Peignerie et les bourgs proches de La Chapelle, Montrelais et Ingrandes.
C'est sûrement le 8 mars 1767 que La Chapelle est érigée en paroisse. Elle a pour patron Saint Sauveur, c'est à dire Jésus Christ, considéré comme le sauveur des hommes. La fête patronale est la Transfiguration. Dans l'acte de création de la paroisse nous notons 55 noms de village.
Attardons-nous sur les mines de charbon qui vont marquer l'évolution de la commune. En 1752, on constate le percement de cinq puits au lieu-dit "la Grande Mine". Vers 1756, la mine compte 137 ouvriers, puis 300 vers 1764 (sans compter les voituriers assurant le transport). Dans les années 1780, l'établissement devient rentable, mais la mine est très dangereuse ; de nombreux drames ponctuent son histoire comme en 1784, quand Etienne Rouaud, 11 ans, se tue de nuit dans le puits de la Garenne. Son camarade Jean Barraud, 15 ans, connaît le même sort au même endroit, le 28 janvier 1788. L'arrivée d'une nouvelle main d'oeuvre venue du nord de la France (comme le Liégeois François Letourneux arrivé en 1768) confronte la population à une première vague d'immigration. L'intégration à la population est souvent difficile. La population des mineurs est parfois marginalisée. Le cas du célèbre contrebandier René Hamard, surnommé "Catinat", est parlant. Né à La Chapelle le 16 septembre 1755, il est employé à la mine avec ses parents. Très vite il bascule dans la clandestinité et pratique la contrebande de sel. Arrêté, condamné aux galères, il s'évade ; de nouveau jugé en 1788, il est condamné par contumace à la pendaison. Il sauvera sa tête à la faveur de l'abolition de la gabelle (impôt sur le sel partiqué en Anjou, pas en Bretagne) et rejoindra plus tard la Chouannerie. La présence de bandes se justifie par la proximité de l'Anjou et par une population acquise à la contrebande. A La Chapelle, la réputation des mineurs, la crainte des débordements populaires et les repaires de contrebandiers expliquent les nombreux incidents plus ou moins violents de ces années.
Le 5 avril 1789, les habitants sont convoqués en assemblée générale pour écrire leur cahier de doléances. L'article 15 exprime un vrai désir d'indépendance vis à vis de la paroisse-mère de Montrelais. Pendant la révolution, la paroisse devient commune, qui fut nommée d'abord "l'Oréole", puis "La Chapelle Saint Sauveur". Contrairement à Montrelais, elle refuse l'Eglise Constitutionnelle. Un clergé clandestin y officie selon l'ancien rite. A la veille du soulèvement populaire de mars 1793, le climat social est explosif, surtout à cause de la vente du blé pour Nantes. Des émeutiers sont arrêtés, notamment l'officier municipal Vételais et le maire Bricault, reconnu comme le boutefeu du pays. Pierre Pucelle remplace le turbulent Bricault. Commis des mines et maire de La Chapelle, il suit le mouvement de révolte de 1793. Les événements aboutiront à l'exécution de Jean et Pierre Pavy, de trois mineurs et à la condamnation du domestique Ravin, forte tête qui, le 10 mars 1793 à La Chapelle, avait brûlé les papiers des administrateurs.
Pendant le guerre de Vendée et la Chouannerie, la nuit du 19 novembre 1793, les Bleus investissent le village de la Martinière, les installations minières et le bourg de La Chapelle. Les 7° et 8° brigades de hussards, commandés par Mestifiot, procèdent à l'incendie du bourg de La Chapelle : l'église et toutes les maisons, excepté 4 maisons de patriotes.
On relate que des Républicains auraient tué 4 ou 5 hommes face à l'église, et q'ils auraient emporté leur tête au "chemin de l'Enfer", qui existe toujours au coeur du bourg.
Le premier registre de délibérations municipales date du 8 septembre 1816. Le maire, Julien Antier, a succédé à Jacques Langevin. A cette époque, on examine le projet d'agrandissement de l'église et celui de la création d'un nouveau cimetière. Celui d'alors est accolé à l'église." ...Hâter cette bonne oeuvre autant que possible, attendu que les sacristains se plaignent de ne plus savoir où mettre les coprs morts". Le cimetière adjacent à l'église étant devenu trop petit, on le transfère sur le site actuel. Le portail du nouveau cimetière est installé le 18 février 1866.
Le 7 janvier 1834, est créée la fonction de garde-champêtre. Le nommé Jean Avrillaud est préposé à cette fonction. Pour le poste d'instituteur communal, est proposé au Conseil le sieur François Pasquier, porteur du brevet de capacité pour l'enseignement primaire troisième degré et du certificat de moralité... Le 21 décembre 1835, la commune réfléchit au service rural des postes et à l'utilité de recevoir tous les jours lettres et colis, vu le développement de la commune. 50 baptêmes sont célébrés en 1840. La commune compte 1200 habitants. Le 15 février M. Etienne Boilève est nommé secrétaire par le Conseil.
Nous pouvons noter qu'après les élections municipales et lors de la réunion des nouveaux conseillers municipaux, certains refusent de jurer fidélité au roi des Français (Louis-Philippe) jusqu'en 1848. Ainsi, MM. Daviaud et Dupont, élus le 11 juin 1837, ont déclaré ne savoir le faire. Le 15 août 1840 est exposé le projet d'un chemin de grande communication qui irait de Saint Mars la Jaille à Montrelais en passant par La Chapelle.
Très vite, les recettes de la commune ne vont pas suffire à payer le traitement du garde-champêtre. On sollicitera alors les 12 plus forts contribuables de la commune.
Le presbytère (actuelle mairie) est reconstruit de 1857 à 1859. La municipalité, qui n'a assuré qu'en partie son financement, décide de payer le loyer du curé.
à suivre
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